Billets d'humeur du mois de juin 2018

Textes de Jean-Claude Carlier (Curé)

 

Dimanche 3 juin

J'ai toujours été fasciné par les petits oiseaux dans le nid, le bec ouvert qui attendent la nourriture que leur maman apporte. Un beau geste d'amour de la part de la mère. A y réfléchir, nous devrions garder le "bec" ouvert pour recevoir la nourriture, non seulement celle du corps, mais surtout celle du coeur, celle de l'intelligence, celle de l'âme. Tout être vivant doit rester ouvert à l'accueil de la nourriture qui le fera grandir. La personne qui se ferme et n'accueille plus de nourriture vit un vide et demeure insatisfaite. La personne qui reste le "bec" ouvert à la nourriture qui ne vient pas, vit de l'angoisse et de la détresse. C'est le sort de beaucoup de jeunes et moins jeunes aujourd'hui. Un auteur les appelle "les âmes errantes." Ils sont à la recherche de nourriture qui ne vient pas et trop souvent l'épreuve les conduit à des gestes malheureux. Notre société vit beaucoup de colère, d'agressivité parce que trop souvent la chaleur de l'amour et du pardon n'est plus là. Au lieu de dialoguer paisiblement, on cloue le "bec" à son interlocuteur qui, du coup, se défend "bec et ongles". Les "prises de bec" sont assez courantes et pour avoir le dessus, on sort, bien sûr, ses "griffes". Combien une simple parole peut égratigner le cœur mais aussi l'apaiser. Rentrons nos griffes de rancœur, de rancune, de jalousie, de méchanceté, que sais-je. Pour ne pas terminer ce billet "le bec dans l'eau", comme je suis un fin "bec", je nous invite à goûter, à ouïe fine, le chant mélodieux des oiseaux. Il est si plein d'allégresse qu'il nous redonne espoir sans cesse…

 

Dimanche 10 juin

"Si tu pouvais, mince comme un signet, te glisser discrètement entre les pages, entendre leur bruissement végétal et dans le grain de papier, le grain de la voix de Dieu. Le livre attendrait patiemment tes yeux et s'ouvrirait en confidence. La voix de l'Ecriture s'inviterait chez toi par une porte basse." Poème du moine Gilles Baudry, bénédictin. Se faire mince comme un signet pour s'insérer dans le livre de la Parole de Dieu afin d'écouter la voix de Dieu. Une belle image qui nous inspire l'attitude fondamentale pour approcher la Parole dans le livre. J'aurais le goût d'ajouter : se faire silencieux comme la fleur du jardin pour entendre la Parole de Dieu qui se révèle chaque jour autour de moi. Ou encore : ajuster mes lunettes pour lire la Parole de Dieu qui s'écrit chaque jour par mes frères et sœurs au cœur de leur quotidien avec ses joies, ses peines, ses désirs, ses attentes. Dans le grain de papier entendre le grain de Dieu, dit le poète. Le grain de Dieu est semence qui vient féconder ma vie et me faire porter du fruit et du fruit en abondance, "un fruit qui demeure". Les poètes ont cette sensibilité qui rejoint le coeur et fait grandir. La Parole de Dieu entre chez moi par la porte basse. Elle entre dans l'humilité du coeur. Elle entre par l'écoute et la simplicité. Elle entre en celui qui se laisse séduire par le bien-aimé comme nous dit le prophète Osée. L'écoute de la Parole n'est pas d'abord œuvre de spécialiste, mais consolation du cœur qui sait s'arrêter.

 

Dimanche 17 juin

On n'y échappe pas. C'est le mondial. Et voilà tous les sportifs bien assis en train de regarder 22 hommes qui courent après un ballon. Sœur Thérèse, paraît-il, faisait aller ses jambes en suivant avec attention un match. A dire vrai, le football n’a plus grand-chose à voir avec le sport pour le sport. On est très loin, avec le foot, de l’idéal des Jeux olympiques grecs : le culte de l’effort gratuit. Il est devenu le premier spectacle international et un business mondial aussi juteux qu’opaque. A cet égard, le football donne l’occasion de fabriquer un semblant de patriotisme. Personne n’irait plus se sacrifier pour le drapeau national, mais les supporters l’agitent frénétiquement dans les stades en se peinturlurant le visage des couleurs de leur pays. A ses débuts, le football, sport d’équipe né en Angleterre tout comme le rugby, avait une connotation d’enracinement très forte : deux villages, deux villes, deux nations s’affrontent, dans une sorte de simulacre pacifique de guerre, à travers des équipes très représentatives. Aujourd’hui, tout s’est inversé. Les joueurs des clubs (villes) ou des nations ne sont que des mercenaires, achetés sur un marché international, qui ne représentent en rien la ville ou le pays dont ils forment l’équipe. Mais ne boudons pas notre plaisir. Les footballers offrent un spectacle. Un but, ça se fabrique, ça oblige à être inventif, à faire équipe. Bien sûr, il y a la violence comme ailleurs et beaucoup de grands comédiens. En bon belge, je vais soutenir les "diables rouges" et aussi l'Argentine. Pas parce que je connais le pays lui-même mais j'aime bien le pape François ! On ne sait jamais.... Surtout avec Messi comme pivot central !

 

Dimanche 24 juin

L’Evangile est d’une extraordinaire densité humaine. Ainsi, ce qui se vit ce dimanche autour de la naissance du petit Jean, fils d’Elisabeth et Zacharie. Etonnement, émerveillement, comme devant chaque nouvelle vie. Et puis, bien vite, des questions… « Que sera donc cet enfant ? » Ce que Saint Luc précise des débuts de Jean Baptiste aide bien sûr à comprendre pourquoi l’entourage ressentait cet étonnement et pouvait se poser des questions. Mais on aimerait que chaque nouveau-né sur la terre, suscite le même émerveillement, la même action de grâce, et la même interrogation à la fois pleine d’impatience et d’espérance… Chacun n’est-il pas unique ? Chaque nouveau-né n’est-il pas une créature nouvelle, neuve et inédite, de Dieu ? Y pensons-nous au moment d’une naissance ? Cela devrait beaucoup compter dans notre respect de la vie et notre désir de donner à tout enfant, de tous pays, les conditions les meilleures pour grandir et s’épanouir dans la sécurité et la dignité… Que sera cet enfant ? Que pourra-t-il devenir ? Sera-t-il aimé, entouré de sa famille, bien nourri et logé, puis scolarisé… Comment Trump peut-il séparer des enfants de leurs parents parce que réfugiés ? Sous la pression, il a changé d'avis. Président girouette ! Cette naissance de Jean Baptiste nous invite à nous soucier de tous les enfants, et, en particulier, de ceux qui vivent peut-être proches de nous dans des conditions difficiles. Et n’oublions pas que Dieu a de grands projets pour nous. Il nous appelle par notre prénom. Nous ne sommes pas des enfants anonymes. Nous sommes enfants de Dieu et jamais Notre Père ne nous lâchera la main.

 

Dimanche 1 juillet

Pour vivre intensément, on ne peut pas vivre dans l’arrêt, la fixité, ou en regardant en arrière. La vie est mouvement. Il faut même parfois, créer les conditions du changement, comme l’artiste s’impose des contraintes qui vont lui permettre d’aller plus loin. Regarder toujours derrière soi, refuser ce qu’on ne connaît pas, n’est-ce pas prendre le risque d’être changé en statue de sel ou de devenir un mort ambulant ? Un philosophe disait : " Seuls ceux qui sont assez fous pour croire qu'ils peuvent changer le monde y parviennent et gardent toute leur vie la puissance, la force, la passion de vivre, la vraie jeunesse ". Il en est ainsi dans l’histoire. Dieu épouse l’histoire. Dieu ne marche pas à reculons. La Bible est pleine de conseils qui sont pour nous, autant de pistes à explorer. Justement, des pistes ouvertes à notre créativité, à notre responsabilité. Dieu ne nous demande pas de faire du " copier-coller ", comme en informatique ! Vivre avec Dieu dans ce monde d’aujourd’hui, c’est s’ouvrir à des possibilités toujours nouvelles. Jésus n'a rien écrit… Il n’a pas donné non plus de stratégies à appliquer au pied de la lettre. Pourquoi ? Pour laisser, tout au long des siècles, un espace sans cesse ouvert de création, d'invention, d'initiative. Les hommes et les femmes du livre des Actes sont entrés dans cette dynamique. Serons-nous simples spectateurs de tels témoins, ou acteurs-inventeurs-constructeurs de l'Église d'aujourd'hui, et préparateurs de celle de demain ? La suite des Actes des apôtres n’a pas été écrite parce que c'est à nous de la continuer aujourd'hui ! Ce que ce billet d'humeur va faire en prenant ses quartiers d'été, en repos sur une feuille blanche ! Bonnes vacances !

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